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Comment les attentes déteignent sur nous ?

Comment les attentes déteignent sur nous ?

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« Réfléchissez bien avant de parler, car vos paroles et votre influence planteront la graine du succès ou de l’échec dans l’esprit d’un autre. » -Napoléon Hill

Combien de fois vous n’avez pas lu quelque part que les mots avaient un pouvoir ? Même dans la bible il en est question. Tout a été créé par le verbe. Et depuis on nous dit de faire attention à ce qu’on dit. Quand j’étais au Lycée, j’ai une fois surpris une conversation entre un camarade de classe et sa mère quand celle-ci est venue récupérer son bulletin.

La dame à un moment commençait par dire à son enfant comment il était un désastre : « Les autres élèves qui réussissent ont deux têtes ? Tu vois à quel point tu es nul ? Je ne sais que faire de toi. Tu n’arriveras à rien dans ta vie ! L’école n’est pas faite pour toi  ». Ce camarade, le second trimestre n’a pas fait mieux, il a même chuté encore plus.

A l’exemple de cette dame, beaucoup de parents ont des attentes en leurs enfants mais finissent par détruire les rêves de ces derniers. Pourquoi ? C’est simple pourtant. Les attentes formulées sont inférieures ou sont négatives. La dame avec tout ces mots, engueulant son enfant, lui faisait inconsciemment du mal. Elle a probablement détruit les rêves de son enfant ce jour-là !

« Devant chaque enfant, on devrait mettre une affiche disant: à manipuler avec soin, contient des rêves. » -Mirko Badiale

Ce phénomène a un nom. On l’appelle l’effet Golem.

L’effet Golem est un fait psychologique dans lequel les attentes inférieures placées, sur une personne soit par une personne qu’elle prend comme une référence ou soit par la personne elle-même, finissent par conduire cette personne à de moins bonnes performances.

Le terme « Golem » vient de la mythologie juive. Il s’agit d’un être animé créé à partir de l’argile. Il aurait été créé pour protéger les juifs de Prague. Mais avec le temps, ce dernier est devenu incontrôlable et a fini par être détruit pour qu’il ne fasse pas du mal aux juifs eux-mêmes.

Avec l’effet Golem, le simple fait qu’un enseignant considère certains élèves comme « nuls », en ayant une attitude différente envers eux, fera que ces élèves, même s’ils ne sont pas nuls, penseront qu’ils le sont.

Ce ne sont donc pas toujours les mots qui agissent, les actes aussi jouent leurs partitions. On voit donc à quel point les mots qu’on utilise ; les actes que l’on pose, peuvent être si influents.

Dans ce monde nous sommes très influencés et ce, que cela nous plaise ou non. Ce que nous lisons, les informations que nous consommons, ce que nous regardons,  les proches que nous côtoyons, ceux à quoi nous pensons façonnent grandement ce que nous devenons dans la vie.

Il va de soi que nous devons choisir avec soin ce que nous acceptons. On doit fortement contrôler notre entourage pour qu’il n’ait pas une ascendance sur nous. Bon j’avoue que c’est difficile d’éviter l’ascendance qu’aura l’entourage sur nous. Alors autant que nous soyons dans un environnement qui nous fasse progresser et non régresser.

Si l’effet Golem est une sorte de prophétie auto-réalisatrice négative, il va sans dire qu’il a son effet inverse. On le nomme l’effet Pygmalion ou encore l’effet Rosenthal et Jacobson ( c’est le nom du psychologue et de la pédagogue qui l’ont étudié de façon expérimentale ).

Je vais un peu plus développer cet effet.

Le nom donné à ce phénomène vient de la mythologie grecque. Pygmalion est un jeune sculpteur misogyne de Chypre. Selon lui, la nature avait comblé les femmes de défaut. Pour cela, il n’allait jamais en marier. Il se met corps et âme à son art. Etant donné que pour lui, les femmes ont un défaut, il décida de modeler une femme qui à sa manière serait parfaite. C’est ce qu’il fit et finit par tomber amoureux de sa statuette. L’histoire raconte qu’il ira demander à Aphrodite de donner vie à la statue. Ce que cette dernière fera.

L’effet Pygmalion est une prophétie auto-réalisatrice qui provoque une amélioration des performances d’un individu, en fonction du degré de croyance en sa réussite venant d’une autorité ou de son environnement.

Juste avec l’histoire de Pygmalion, on a déjà une sorte à priori sur cet effet. C’est easy. Les attentes, plus elles sont élevées, plus elles influencent les performances. Charles Kettering dira même : « Un haut niveau de réussite se déroule toujours dans le cadre d’une attente élevée» .

Rosenthal et Jacobson ont plus approfondi des recherches de cet effet dans le domaine de l’enseignement où ils montrent comment les attentes des enseignants influent sur les rendements des élèves. Comme pour l’effet de Golem, le fait qu’un enseignant pense que certains élèves sont les meilleurs, leur donnent plus d’opportunités de poser des questions, de moins critiquer leurs réponses, met plus en confiance ces enfants. Naturellement ces enfants auront plus de succès que les autres.

Pour aller plus loin, quand on croit plus en quelque chose que l’on veut faire et que l’on s’y donne à fond, on le réussit. Eh oui !

Il ne suffit pas seulement d’avoir des attentes élevées envers soi ou même envers les autres. Les avoir c’est bien ! Mais il faut une démarche qui l’accompagne. Je ne peux pas vouloir être le meilleur de ma promo ou de mon entreprise, et après aller me coucher pensant que cela va tomber du ciel comme la manne, NON ! Toutes attentes doivent être accompagnées d’actions pour les réaliser, sinon cela ne sert à rien. C’est comme verser de l’eau sur le dos d’un canard.

Ce qui me permet de dire que l’effet Pygmalion suit trois étapes :

1-L’étape d’anticipation : c’est l’étape où on est influencé par l’autorité ou par soi-même. C’est à cette étape que mes parents croient en moi, veulent me voir devenir Ministre, ingénieur, etc.

2- L’étape comportementale : Ces attentes de mes parents suscitent chez eux, le fait qu’ils essaient de me trouver les meilleures écoles pour suivre les meilleures formations etc. Cela modifie ipso facto mon comportement : je ne veux pas les décevoir, je ne veux pas qu’ils perdent confiance en moi. Je veux tout faire pour qu’ils n’aient pas fait des sacrifices dans le vide.

3- L’étape des résultats tangibles : je réussis mes études et je me dirige pleinement vers ma carrière de ministre, d’ingénieur.

Certaines personnes se voient sûrement dans ce schéma que ce soient les parents qui les ont influencés ou eux-mêmes. Ce qui montrent à quel point, ont subi cet effet et ce même sans qu’on ne le sache. L’effet Pygmalion ne s’arrête pas là.  Son domaine d’application est élargi. Que ce soit dans le domaine sportif (Le fait que le coach croit en un joueur comme le meilleur fait que ce dernier bosse pour être vraiment le meilleur), le domaine de la santé ( l’effet placebo se trouve être un effet proche )

En revanche une chose doit être prise en compte. Ces attentes doivent être bien dosées. Je m’explique. IL y a des risques que souvent les attentes exprimées soient en inadéquation avec l’individu cible. Il se peut que le niveau d’attente soit trop élevé ou trop bas. Ce qui fait qu’en cas d’échec on se morfond. Encore une fois, il faut se connaître et voir les attentes qu’on peut réaliser.

En court : le simple fait de montrer à quelqu’un que l’on croit en sa réussite (ou au contraire que l’on n’y croit pas),  influence ses probabilités de succès (ou d’échec), surtout si on exerce une position d’autorité ou une influence forte sur cette personne. Alors autant savoir comment miser sur nos attentes envers les gens.

Alea Jacta Est !

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