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Je ne veux pas être père !

Je ne veux pas être père !

Sommaire

J’ai si peur d’être père.

Il m’arrive souvent de me demander si je ferai un bon père. Ces réflexions se sont amplifiées durant ces moments où mon moral est assez bas.Je ne ferai pas un bon père. Je ne veux pas être père.

J’ai passé toute mon enfance dans une famille monoparentale. Je n’ai eu mon père avec moi que pendant trois ans. Je suis resté sous la couverture maternelle durant toute mon enfance ainsi qu’une grande partie de mon adolescence. Etant l’aîné de la famille, tout reposait sur moi. C’est ce que les personnes qui venaient à la maison, me disaient : « Ton père n’est pas là. Tu es à présent l’homme de la maison », « Tu dois prendre soin de ta mère ».

Même mon père avec qui je parlais par l’intermédiaire du téléphone me le répétait sans cesse : « Je ne suis pas là, tu es le grand frère. Tu dois prendre soin de ta mère et de ton frère ».

Pourquoi ce serait à moi de le faire ? Pourquoi il est parti ?

Je ne dis pas que je déteste mon père. Enfin je pense. Mais j’étais encore un enfant. C’était mon enfance que l’on me volait.J’ai dû tout apprendre seul, apprendre à la dure comme on le dit. Il était là pour nous aider au niveau financier et voir comment se passait nos études.  A part ça, il était distant aussi bien émotionnellement que physiquement. Je crois que jusqu’à maintenant, je lui en veux toujours.

Pour être père, il n’y a pas de manuel tout fait. C’est en suivant les pas de son géniteur qu’on apprend aussi à devenir père. Comment suivre ses pas si je ne les ai pas vus ? Comment pourrais-je élever le petit être qui naîtra ? Autant ne pas en avoir et le problème est réglé. J’ai discuté sur le sujet avec une amie qui me disait que normalement, je devrais plutôt être excité d’avoir un enfant pour lui faire part de l’attention que moi je n’ai pas reçu. Il faut croire que je ne suis pas normal.

J’ai remarqué que l’on attribue toujours l’éducation des enfants à la maman. On dit que c’est elle qui doit tout faire. C’est absolument erroné. Les pères ont aussi leurs rôles dans l’éducation des enfants. On néglige trop l’importance des pères en tant que nourriciers émotionnels, intellectuels et même spirituels. Si ce n’était pas le cas, on aurait eu une grande avancée à mon avis des problèmes mondiaux liés à l’inégalité entre les sexes tels que le harcèlement sexuel et la violence domestique.

Un père doit influer son enfant dans plein de domaine. Selon mes difficultés rencontrées, j’ai relevé quatre points sur lesquels la présence d’un père influence grandement :

1-L’estime et la confiance en soi

Jusqu’à maintenant, mon estime en soi prend toujours un coup. J’ai toujours besoin d’être validé par quelqu’un. Une personne doit me dire si ce que je fais est bon sinon je doute. Et ce, sur la plus petite des choses à faire.

Une des manières dont l’estime de soi d’un enfant se forme est par le biais de messages et interactions de validation successives qui fournissent approbation et encouragement, tel que «tu peux le faire».

Comme je l’ai dit j’ai beaucoup appris et le plus souvent via internet. Mais internet ne fait pas tout. Il faut avoir quelqu’un de proche à suivre, qui nous valide.

Un père aide également à développer la confiance en soi en servant de modèle de rôle montrant un individu sûr de lui. Les pères nous donnent un modèle à imiter jusqu’à ce que nos propres manières et manières d’être soient pleinement développées. Il est si important pour un enfant de recevoir le message qu’il est important de la part de son père.

Que cette affirmation soit donnée ou non détermine la valeur que l’enfant aura de lui-même à l’âge adulte. Je peux même aller loin pour dire que c’est à cause de ça qu’on donne priorité à la vie des autres en oubliant la sienne. On se dit que leur vie est plus importante et on ne valorise pas la sienne.

2- Relations, Sexualité, masculinité et identité personnelle

Je vous ai parlé du fait que j’ai eu quelques relations amoureuses dans le but de combler le vide laissé par mon père. Je voulais être excessivement aimé par mes partenaires et on avait des problèmes sur tout et rien. Je ramassais à la fin les pots cassés.

Je ne savais pas comment faire. Je ne savais pas les choses à faire ou à ne pas faire. Quoique si, par internet. La pression sociale et le développement de la sexualité donnent au père le rôle majeur dans l’exemple de la masculinité et de l’établissement de normes de comportement.

 C’est le père qui donne le ton à l’enfant par ce qu’il fait. La façon dont il interagit avec son épouse, avec les autres va déterminer comment l’enfant se comportera envers les personnes. Il en de même sur comment les informations liées à la sexualité sont véhiculées.  Est-ce un tabou ou faut-il parler à l’enfant ? C’est tout ça qui déterminera l’orientation de l’enfant au lieu qu’il aille se documenter et apprendre par lui-même.

3- Réalisations personnelles ou professionnelles

L’importance qu’accorde un père à la sécurité de l’emploi, aux récompenses pécuniaires, au prestige professionnel ou à l’indépendance jouent un rôle dans la future carrière, les décisions et les réalisations de son enfant, ou son absence.

Si, par exemple, sa carrière a consommé la majeure partie de son énergie, de sorte qu’il reste peu de temps avec sa femme et ses enfants, les enfants pourraient se trouver de la même façon à trouver un équilibre entre leurs obligations familiales et professionnelles à l’avenir. Alternativement, ils pourraient délibérément se rebeller et choisir une vie où il n’y a aucune possibilité pour que ce conflit éclate au début.

Mon père est parti parce qu’il voulait que l’on ait une vie stable. Il n’a pas su trouver un juste milieu entre sa vie personnelle et professionnelle. Je me demande donc si je ne ferai pas pareil. J’ai vécu dans ce système de pensée : pour le bien de la famille, je dois tout faire pour qu’elle soit économiquement stable. Quitte à la laisser.

4-Valeurs et croyances

Lors de l’atelier d’écriture initié par Befoune, un exercice consistait à lire des articles qui allaient à l’encontre de nos valeurs. Après un voire deux jours, je suis allé écrire à Befoune pour lui dire que  je n’avais pas de valeurs. Par ailleurs je ne savais même pas de quoi on parlait quand on faisait allusion aux valeurs.

C’est là qu’elle m’a mis sur la voie. Les valeurs et les croyances sont les attributs et les perceptions par lesquels nous vivons. Ce sont elles qui forment la vision que nous avons du monde et dirige nos vies.

Ce sont elles qui déterminent nos objectifs, influencent notre comportement et façonnent nos relations. Un père ayant une relation étroite avec son enfant aide ce dernier à développer sa propre boussole morale interne sur ce qui est bien ou mal ; ce qui est bénéfique ou pas.

Voilà les points sur lesquels les pères influencent généralement les enfants. Si je n’ai pas eu tout ça, je ne sais pas comment je saurai transmettre.Je risque de reproduire de façon inconsciente ma propre enfance avec mon fils. Pas que je ne veux pas faire mieux, juste parce que j’ai été conditionné comme cela.

J’ai revu mon père quinze ans après. Honnêtement je n’arrive pas à le considérer comme tel. J’avais déjà depuis longtemps vécu comme s’il n’existait pas. J’avais déjà pris l’habitude. J’ai une fois essayé de lui en parler mais je me suis ravisé.

En cas de négligence mon père pouvait-il reconnaître sa faute ?

Pourrait-il reconnaître ou du tout au moins être ouvert et curieux de savoir ce que son fils a vécu de lui en tant que parent ? Ce qui ne serait pas facile si lui-même a été négligé.

12 réponses

  1. « Pourrait-il reconnaître ou du tout au moins être ouvert et curieux de savoir ce que son fils a vécu de lui en tant que parent ? Ce qui ne serait pas facile si lui-même a été négligé. »

    As-tu tenté de créer un environnement favorable à cette discussion ? Si tu ,ne le fais pas tu ne sauras jamais s’il serait prêt ou pas à en parler.

  2. Euh
    Tu ne devrais pas penser à ne pas être père
    Les arguments que tu as exposé sont très valables mais ils ne font que justifier ta peur d’être un mauvais père ou de ne pas être à la hauteur
    Comme tu l’as dit dans ton article « être défavorisé est un atout » (bon je crois là que j’ai un problème de timing par rapport à cette référence 😂mais bon anyway) ne pas avoir eu de figure paternelle pendant une grande partie de ta vie est ton avantage pour être un bon père je trouve

  3. Merci Adelphe.Tu m’as rappelé des choses que je fais un effort d’oublier mais Prions Dieu pour que l’on soit a la hauteur s’il arrivait que l’on devienne pere.

  4. J’espère que toi tu seras un bon père, faire ce que le tien n’a pas pu faire.
    A chaque fois que tu écris il y a toujours un truc à en tirer.
    Merci pour la plume frère.

  5. J’ai Connu mon père 17ans après ma naissance !!! Mon enfance et pratiquement toute mon adolescence il n’en sais rien!!! Tout l’amour, les conseils, les encouragements d’un père j’en ai pas connu moi!!!
    Aujourd’hui j’ai 21ans, 4ans déjà qu’on s’est connu, mais il est toujours un étranger pour moi!!! Je croix même qu’il n’arrivera jamais à me cerner !!! Il n’a rien du père que je pensais avoir un jour !!! Je pense que quand ils ratent notre enfance c’est qu’ils ont raté notre vie tout entière!!! La peur de devenir comme ou pire que lui m’habite toujours !!! À chaque fois que je dois prendre une décision je me demande si je ne suis pas entrain de faire comme lui!!! L’absence d’un père n’impacte pas que notre présent, mais toute notre vie!!!

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