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Pourquoi viser loin

Pourquoi viser loin

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Je ne conseillerais à personne de faire la série C.

Chez nous, la série C regroupe les meilleurs en sciences au Lycée. Pour l’intégrer, il fallait être selon les dire un crack. Le jour où j’ai su que j’allais faire partir de ces « élites », j’étais aux anges. J’avais atteint le but absolu que je m’étais fixé. C’était le début de mes souffrances.

Les sciences que je trouvais avant facile commençaient par me paraître très floues. Comparé aux autres de ma salle je ne faisais pas le poids. Ce qui me prenait le temps d’apprendre ou même de bûcher ; les autres déballaient ces acquis avec une facilité déconcertante. Les doutes commencèrent par me submerger : Comment arrivaient-ils à faire ça ? Pourquoi moi je n’y arrivais pas ? C’était quoi le problème avec moi ? Je ne mérite pas ma place. Ma confiance avait pris un sacré coup et mes camarades étaient à des années-lumière de moi.

On dit souvent que se comparer aux autres est malsain. Parfois la comparaison aide à se poser des questions.

Avec le recul, j’ai cherché à savoir pourquoi j’avais opté pour cette série. C’était simple. Je ne voulais pas être comme tout le monde. Il était dit que ceux qui faisaient la série C avaient beaucoup plus d’avantages dans les domaines scientifiques que les autres personnes. Avoir sur son cv : Série C pouvait ouvrir assez de porte. Je voulais faire partie des saiyens de la science.

En voulant avoir accès à ses avantages, je n’ai finalement récolté que de mauvaises notes et pleins de doutes.

Quand ce que nous appelons avantages, devient pour nous un problème

Comparé aux autres élèves dans les séries diverses, j’étais probablement au top au niveau des sciences. Pourquoi ma confiance a alors éclaté ?

Par ailleurs dans la salle , je n’étais pas le seul qui avait ce problème et j’avais sûrement le niveau si on devait comparer mes résultats à d’autres personnes de la classe. Mais alors pourquoi ? La réponse est que j’étais dans ce que Samuel Stouffer appelle un état de « privation relative »

Je vais vous expliquer le concept.

Durant la seconde guerre mondiale, Samuel Stouffer a été envoyé vers les soldats pour étudier comment deux corps de l’armée américaine : la police militaire et l’armée de l’air perçoivent l’avancement au sein de l’armée. Les soldats de la police militaire voyaient d’un bon œil leur unité contrairement à ceux de l’armée de l’air. C’était un résultat insensé vu que la police militaire avait l’un des pires taux de promotion de toutes les forces armées. Un soldat de la police militaire avait deux fois moins de chances d’avoir une promotion alors que ceux de l’armée de l’air avait 50% de chances supplémentaires. Pour expliquer ce phénomène, Samuel affirme qu’en raison de la rareté des promotions au sein de la police militaire, un soldat qui voyait son talent reconnu était heureux, alors qu’il se trouvait dans la même situation que ces confrères s’il n’était pas promu. C’était tout à fait normal. En revanche, un soldat de l’armée de l’air qui n’était pas promu avait plus de raison d’être déçu vu que la majorité de ces compagnons y arrivait.

On voit alors que les impressions d’une personne ne sont pas en fonction du contexte global. Elles se forment par comparaison à un petit groupe de référence. D’où le sentiment de  « privation relative ».

Je n’étais pas le seul dans la situation mais je me suis comparé au petit nombre de personnes qui arrivait à avancer facilement. Ce qui est tout à fait normal. On se compare toujours à ceux qui sont dans la même situation que soi. Même si ce phénomène se déroule dans une classe bien donnée, il est possible de le généraliser. Sur une plus grande échelle de l’éducation on lui donne le nom de : effet gros poisson-petit étang. Dans ce cas précis, on montre que plus une école est élitiste, moins les étudiants qui la fréquentent ont confiance en leurs compétences scolaires.

C’est arrivé à une personne que je prenais pour modèle quand j’étais encore au collège. Il était excellent dans les sciences et avait un avenir plus que prometteur en tant qu’excellent scientifique. Mais je l’ai rencontré après le lycée où il me disait avoir choisi de faire de l’art. Vu qu’il excellait dans les sciences, il a été mis après son baccalauréat dans une très bonne école. Cependant arrivé dans cet environnement, il n’a pas su s’adapter. Selon lui les autres étaient trop meilleurs. Il a affirmé qu’il serait encore dans les sciences, s’il avait opté pour une université classique. Mais son école l’a dégoûté du domaine qu’il adorait.

On doit sérieusement se poser des questions. Ne vaut-il pas mieux fréquenter une école moins prestigieuse ?

On a tendance à oublier que la façon dont un étudiant voit ses propres compétences influe sur sa volonté à relever les défis et sa persévérance dans les tâches difficiles. Si le but est de faire ce qui nous plaît, je ne vois pas l’intérêt de faire une grande école pour finalement se faire démoraliser et abandonner. Il serait préférable d’opter pour une école où il nous serait facile de nous distinguer et de faire la différence. J’aurais pu faire une autre série que la C, que j’aurais bien mieux réussi.

Si on va au-delà de l’éducation, cette manifestation est présente. Pour quelqu’un qui fait l’informatique, il est peut-être raisonnable de travailler dans une startup plutôt qu’à Microsoft, de la même façon pour un journaliste il devrait peut-être préférer commencer par travailler pour de petits médias plutôt que chez le New-York Times.

On peut aussi bien réussir dans un petit milieu. Tout dépend de la façon dont on en tire l’avantage.

2 réponses

  1. La confiance en soit est la clé qui ouvre les portes de la réussite!!! Le milieu n’y joue pas un grand rôle, tout est question de détermination!!!
    Bon travail Misterkelphe

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