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Quand un avantage devient défavorable

Quand un avantage devient défavorable

Sommaire

Il y a peu, j’ai écrit sur les possibilités qu’offraient les désavantages.

L’une des questions qui tournait autour de cette réflexion était de savoir si les avantages à un moment donné, devenait un obstacle.

La réponse à cette question est affirmative.

Je vais fournir mes explications en me basant sur deux points  : l’éducation à l’école et la valeur que l’on inculque à un enfant.

1- Education à l’école

Dans mon lycée ; après la seconde scientifique on est dirigé soit en série D ( SVT, Sciences Physiques et Mathématiques) ou soit en série C (Mathématiques et Sciences Physiques). Contrairement aux autres, la série C enregistrait peu de personnes. Chaque professeur envoyait au maximum que les dix premiers de sa classe. Cela n’empêchait pas pour autant, que l’on ne dépasse jamais le nombre de 25 élèves dans la classe

J’ai donc demandé une fois à un professeur, la raison pour laquelle c’était ainsi. Il m’a tout d’abord dit que la sélection était très pointue. Ensuite, il a affirmé qu’avec une classe plus petite, on était mieux performant. Mais la question que je ne lui ai pas posé ce jour était : La taille d’une classe influe-t-elle forcément sur le rendement des élèves ?

Non. Ce n’est pas le cas.

Dans ma classe on était 18. Je n’ai jamais vu l’avantage que j’avais. Sûrement d’autres étaient dans la même situation que moi. J’étais d’abord intimidé par mes camarades mais aussi par les professeurs.

 De nature très curieuse, j’aime poser des questions qualifiées parfois d’insensées. Mais je n’y peux rien. Cela me permet de voir plus clair. Dans cette classe je n’avais pas cette possibilité. Les autres allaient penser quoi de moi ? Et si j’étais le seul à ne pas comprendre le concept expliqué ? Tellement de questions qui trottaient dans ma tête. Ce qui pour finir m’a fait vivre dans des doutes durant mes deux dernières années secondaires.

Ce même phénomène s’est produit dans plusieurs pays dans le monde. Des études ont été réalisées pour répondre à la même question. L’une de ses études, réalisées par le professeur en économie Caroline HOXBY a démontré que le nombre d’élèves n’influait presque pas l’efficacité des élèves.

Ce qui voudrait dire que si ma classe avait été augmentée encore plus, cela n’allait pas du tout nuire à notre performance. D’après Caroline, il y a d’autres facteurs qui entrent en jeu pour que cela puisse être le cas. Il y a le facteur lié à l’enseignant.

Je m’explique.

On aurait pu être plus performant si les enseignants avaient changé leur style d’enseignement. C’est ce qui aurait été souhaitable. Mais ils ne l’ont pas fait.

Malcolm Gladwell affirme que c’est dans la nature humaine de réagir ainsi. Il développe mieux grâce à un exemple  :

Imaginez que vous soyez un médecin et qu’on vous annonce par un beau vendredi après-midi que vous verrez 20 patients, plutôt que les 25 prévus. Selon vous, est-ce que vous profiterez pour passer plus de temps avec chaque personne ou tout simplement pour quitter votre cabinet plus tôt que d’habitude ?

Le choix est clair.

2- Inculquer des valeurs à son enfant

Les valeurs que la plupart des parents ont acquises en grandissant ne sont pas tellement différentes de celles qu’elles veulent inculquer à leurs enfants. Cependant, ce n’est pas le cas des personnes qui deviennent riches à l’âge adulte. Souvent, on croit qu’élever un enfant dans un milieu aisé est très facile. Vu qu’il y a le facteur argent qui entre en jeu. Mais ce n’est pas le cas.

Pour mieux développer cette idée, je vais m’appuyer sur un autre exemple de Gladwell tiré de son livre : La loi David et Goliath.

Malcolm parle d’un homme avec qui, il s’est entretenu. Il le nomme l’homme d’Hollywood. Cet homme raconte que durant son enfance, il offrait ses services à ses voisins pour de l’argent. Vivant dans une famille précaire, il ne devait pas se permettre de faire des dépenses inutiles. Son père lui avait inculqué la valeur de l’argent et du travail très tôt.

Arrivé à l’université, il s’est mis à gérer un service de blanchisserie pour ses camarades plus aisés. Ce qui lui permettait d’aller voir des matchs de basket-ball depuis les pires places, se demandant ce que ça ferait de regarder ces matchs à des endroits plus visibles. Une fois diplômé, il est parti à Hollywood et c’est là qu’il a commencé par gravir les échelons.

Il est devenu très riche. Il avait enfants, maison, voiture. Comme n’importe quel parent il veut pouvoir aux besoins de ses enfants. Au même moment, il se heurte à une contradiction dont il est conscient. S’il a réussi, c’est parce qu’il a appris à la dure à reconnaître la valeur de l’argent, le sens du travail et la joie que procure le fait de se débrouiller dans la vie. Or à cause de son succès, ses enfants ne pourront pas tirer les mêmes leçons.

Elever un enfant en étant aisé est une tâche ardue. L’enfant perd son ambition, sa fierté et sa propre estime. Il se dit qu’il n’a pas besoin de faire beaucoup d’efforts. Il peut tout avoir facilement.

Quand on sort d’un milieu moins aisé comme l’Homme d’Hollywood, on apprend beaucoup plus en tirant des leçons du manque d’argent. Ce qui nourrit sa motivation. Ce qui est tout à fait opposé à un enfant vivant dans l’opulence, où les règles ne sont pas les mêmes.

Cependant, comme je l’ai dit c’est une tâche pénible, mais pas impossible.

Le parent doit juste établir des limites à son enfant. Mais c’est l’une des difficultés pour une personne qui devient riche. Que ce qu’il faut invoquer lorsqu’on n’a plus l’excuse du manque d’argent ? Il faut selon moi que le parent puisse expliquer de façon clair à l’enfant le pourquoi il lui refuse quelque chose par exemple : « Je ne veux pas t’acheter ou te faire telle chose parce que cela va à l’encontre de nos valeurs » . Bien évidemment, cela implique que ce dernier ait des valeurs.

À la vue de ces deux points, il est clair que les avantages, ne sont pas vraiment des opportunités comme on le croirait à première vue.Pourquoi les privilèges que l’on se dit posséder du fait d’avoir de petites ou de grandes choses se trouvent erronés ?

A quel moment un avantage devient un inconvénient ?

Un avantage devient un obstacle quand il n’apporte plus de valeur ajoutée.

L’homme d’Hollywood était trop fortuné. Il ne pouvait donc pas éduquer ses enfants comme il le voulait. Il avait atteint une phase où l’argent lui compliquait la tâche. Je vais faire un peu appel à la science.

Il serait naturel de croire que plus une famille est nantie, plus les enfants ont une éducation facile.

Ce qui doit être reconsidéré.

La relation entre la situation économique d’une famille et l’éducation accroît jusqu’à un niveau donné. Ensuite, il y a une régression : l’argent qui à la base devait aider devient une source de problème.

Les mathématiciens parlent de courbe en cloche. Les économistes ou encore les psychologues parlent de la courbe en U inversé. Ce concept a été bien expliqué de façon plus détaillée par deux brillants psychologues dans cet article.

Plus simplement, ils affirment que dans n’importe quel domaine, une chose amplifie une autre jusqu’à un certain niveau avant de produire l’effet inverse.

Prenons l’exemple de l’alcool.

Quand on passe de l’abstinence à un verre de vin par semaine, on augmente son espérance de vie. Si l’on passe à deux , trois verres de vin… On augmente toujours notre espérance de vie jusqu’à ce qu’on atteigne sept verres de vin (dans le cas des hommes) par jour. C’est la phase où plus on boit, mieux on se porte. Ensuite vient l’étape où on consomme entre sept et quatorze verres hebdomadairement. Ce n’est ni meilleur, ni bon pour la santé. Mais c’est tellement bien. Arrive le palier où on dépasse quatorze verres par semaine. A ce stade plus on boit, plus on a une diminution de notre espérance de vie.

L’alcool commence par être bon pour la santé, puis il devient neutre avant de devenir nocif. La courbe en U inversé gouverne notre monde.

Le bien pur n’existe pas.

A un niveau élevé, une qualité ou bien même une expérience positive a un prix qui peut dépasser ses avantages. Que faire pour contourner ce phénomène ?

Trouver le juste milieu.

Je pense qu’il faut vivre à des niveaux moyens ou intermédiaires entre les carences et les excès. De nos jours, on cherche plus à combler des défauts. On se soucie moins de l’excès de certaines de nos qualités. C’est difficile à faire. Ne pas viser le top. Surtout dans un monde où être moyen n’est plus permis.  Pour réussir il faut avoir plus, aller encore plus haut.

Qu’est-ce donc réussir  ?

Un avantage devient donc un inconvénient quand ce dernier atteint le seuil extrême. On avait une classe très petite. L’Homme d’Hollywood avait trop d’argent. Comme le dit l’adage populaire : « l’excès de toute chose est nuisible ».

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